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Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /Août /2007 12:56
- Publié dans : Bouddhisme
fuyu-0676.gif Les trois Refuges

Les Refuges représentent les points focaux de la pratique de tout bouddhiste. Ce sont des lieux sûrs dans un monde d’insécurité, des endroits élevés d’où l’on voit tout, dans un monde qui rampe au ras du sol. Ils ne constituent en aucune façon une coquille dans laquelle on pourrait s’enfermer, une espèce de blindage qui nous « protégerait » du monde. Ce sont, tout au contraire, des incitations à se plonger encore plus au coeur du monde, à s’engager avec détermination dans l’action vis-à-vis du monde (extérieur et intérieur).

Ces Refuges impliquent avant tout une démarche personnelle, devant soi-même, même s’il est traditionnel d’effectuer cet engagement auprès d’un moine, d’une nonne, ou d’une assemblée de pratiquants. Ils sont à considérer selon deux aspects complémentaires ; un aspect extérieur, respectivement : le Bouddha, en tant qu’être totalement éveillé, le Dhamma, en tant qu’ensemble des enseignements transmis, la Sangha, en tant qu’ensemble des êtres réalisés au cours des siècles ; un aspect intérieur exemplifiant les qualités, les vertus incarnées par les Refuges extérieurs.

Ils sont récités comme suit :

1. buddhaμ saranaμ gacchæ mi (Je prends refuge dans l’Éveil suprême).

2. dhammaμ saranaμ gacchæ mi (Je prends refuge dans l’Ordre des choses, le Réel).

3. sanghaμ saranaμ gacchæ mi (Je prends refuge dans la compagnie du Bien et du Beau, l’Excellence).

dutiyampi buddhaμ ... (Une deuxième fois)

dutiyampi dhammaμ ... (Une deuxième fois)

dutiyampi sanghaμ ... (Une deuxième fois)

tatiyampi buddhaμ ... (Une troisième fois)

tatiyampi dhammaμ ... (Une troisième fois)

tatiyampi sanghaμ ... (Une troisième fois)

Il est à remarquer que l’on répète les Refuges trois fois, cela afin de s’assurer d’une véritable présence et conscience pendant au moins l’une des récitations. Il est en effet impérieux que le texte récité (d’abord en pali puis dans sa traduction en langue vernaculaire), avec toutes ses implications, soit parfaitement compris ; d’une part pour exemplifier le fondement essentiel de l’Enseignement du Bouddha qui est la culture de la vigilance et d’autre part pour éviter l’attitude qui consisterait à croire que ces « formules » agissent automatiquement et indépendamment. « Prendre refuge » ne revêt aucun caractère magique, nous ne prenons pas refuge dans une entité extérieure à nous-même qui serait censée nous combler de bienfaits. Néanmoins, s’en tenir exclusivement à l’interprétation immédiate, au premier degré, des Refuges (le Bouddha, l’Enseignement, la Communauté des Disciples) c’est prendre refuge dans ce qui est non permanent, c’est prendre le poteau indicateur pour le chemin, la carte pour le territoire, « le doigt pour la lune ». Les trois Refuges font référence à des réalités transcendantes et non à des concepts d’ordre mondain.

 

Les préceptes

Ce sont des règles de conduite de base recommandées par le Bouddha à ses disciples. Ces préceptes concernent les actions volontaires et consciemment acceptées et non celles qui se produisent par inadvertance. Ce ne sont pas des interdits édictés par une autorité quelconque, humaine ou divine, mais des règles de conduite observées parce que l’on possède un minimum de sagesse, de « conception correcte » en général.

Les préceptes sont classifiés en :

–Les cinq préceptes, observance de base de tout bouddhiste laïc. Ils appartiennent à la vie de famille ordinaire et témoignent, avec les trois Refuges, de l’engagement dans la Voie bouddhique.

1. je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de léser toute vie.

2. je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de m’approprier ce qui n’a pas été offert.

3. je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir d’excès dans les plaisirs des sens, de rechercher les expériences sensuelles agréables.

4. je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de paroles fausses ou inconsidérées.

5. je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de toute substance troublant la vigilance et la claire conscience).

–Les huit préceptes observés par les bouddhistes laïcs en des occasions particulières (les jours d’uposatha ou les retraites) et par les anagæ rika. Ils impliquent un renoncement plus important que les cinq préceptes de base. Dans ces derniers, le numéro 3 devient je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de toute activité sexuelle, puis on ajoute :

6. je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de manger après le passage du soleil au zénith

7. je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de danser et de chanter, d’écouter ou de jouer de la musique, d’aller au spectacle, de mettre des parfums ou des ornements,

8. je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir de trop dormir

–Les dix préceptes, fondements de la vie de renoncement, plus élaborée dans le Vinaya, observés par les novices et les nonnes. À partir des huit préceptes, la règle 7 se scinde en deux (7 et 8), la 8 devient la 9 et l’on ajoute :

10. je m’efforcerai d’observer la règle de m’abstenir d’accepter de l’argent.

Dans ces préceptes chaque mot est important. L’Enseignement du Bouddha demeure constamment pragmatique et praticable, c’est la raison pour laquelle les préceptes ne sont pas des impératifs catégoriques et ne comportent aucune promesse de ne pas accomplir telle ou telle action, promesse irréaliste et psychologiquement dangereuse. En tant que pratiquant bouddhiste on s’engage à développer l’effort d’observer une règle consistant à s’abstenir de telle ou telle action néfaste, non habile, ce qui est fondamentalement différent.

Dans les textes traditionnels le Bouddha loue fréquemment l’observance de ces cinq règles de base, déclarant qu’elles constituent le minimum pour que l’on puisse être qualifié d’être humain. Elles sont indispensables pour bénéficier d’une vie sociale harmonieuse fondée sur la confiance mutuelle, le don de l’absence de peur, et non sur la crainte perpétuelle de l’autre, offrant ainsi un espace de liberté au sein duquel chacun a la possibilité de développer ses potentialités.

 

Les trois piliers de la pratique

La totalité des enseignements du Bouddha peuvent se classer selon ces trois subdivisions : don, conduite éthique, développement mental. Bien que souvent considérés comme trois niveaux successifs de pratique ce sont en fait des éléments interdépendants constituant les soutiens permanents de toute discipline bouddhique équilibrée. D’une certaine manière, plus didactique, il est vrai que le don et la conduite éthique (en tant que conduite prescrite) font office de prérequis au développement mental ; ce sont également (en tant que conduite naturelle, issue de la sagesse) les fruits d’une culture de l’esprit bien dirigée.

La générosité, le don (volontaire et spontané), exemplifient le tout premier aspect de la pratique bouddhique, celui qui est immédiatement perceptible dans les pays largement influencés par l’Enseignement du Bouddha. Ce terme est souvent employé pour désigner une offrande, spécialement de nourriture, à la Communauté monastique.

Il en existe deux sortes :

1. offrande matérielle

2. offrande de l’Enseignement (considéré comme le plus grand de tous les dons dans le bouddhisme).

Dans l’Enseignement du Bouddha le don n’est pas une simple pratique extérieure, en soi non signifiante, mais une attitude intérieure (avant tout volition) destinée à briser la tendance naturelle à l’appropriation.

Les préceptes d’éthique, le code de conduite vertueuse. C’est ce qui met des limites aux exubérances, aux débordements de l’ego. Dans un sens plus large, inclut toutes les actions corporelles ou verbales, qualifiées de positives ou négatives, suscitant plus ou moins de perturbations dans l’esprit.

Développement mental Ce terme désigne d’abord l’action de faire naître, faire apparaître ce qui est caché, non révélé. Il ne s’agit donc pas de construire à partir du néant mais simplement de permettre à des qualités mentales existant potentiellement dans l’esprit de se manifester. Le terme «méditation» bien que largement usité, demeure insatisfaisant, pour désigner le processus bouddhique de développement mental, de maturation dynamique de la connaissance transcendante en son propre esprit.

Le «Sentier de la Purification», répertorie les «techniques» classiques de méditation, au nombre de quarante :

– les dix «artifices» : terre, eau, feu, air, bleu, jaune, rouge, blanc, espace, conscience. Ils contribuent à l’acquisition du calme mental et renforcent la stabilité de l’esprit.

– les dix considérations sur la non-permanence du corps, sur le non attirant : par la contemplation des divers états d’un cadavre cet exercice (peu praticable de nos jours !) combat les désirs sensuels.

– les dix remémorations : des qualités du Bouddha, des qualités du Dhamma, des qualités de la Sangha, de la conduite éthique (en soi-même), du don (en soi-même), des déités (en référence à sa propre vertu), de la mort, du corps (en ses trente-deux constituants), de la respiration, du calme

– les quatre demeures sublimes : amour bienveillant, compassion agissante, sympathie pour la joie des autres, équanimité.

– les quatre sphères immatérielles ou « demeures sans forme » : l’espace illimité, la conscience illimitée, la sphère où rien n’est, la sphère où il n’est ni perception ni non-perception.

– l’appréhension du caractère non attirant, non permanent de la nourriture

– l’analyse des quatre Éléments : terre, eau, feu, air. Leur combinaison constituant le corps, cette méditation permet de ne plus considérer le corps, et ensuite l’esprit, comme « mien » et « moi ».

Parmi toutes ces techniques, d’importance et de portée variables, et dont certaines ne sont à utiliser que dans des circonstances bien spécifiques et pour des types caractérologiques bien particuliers, la prépondérance est accordée à la vigilance portée à la respiration, ou remémoration appliquée au va-et-vient de la respiration. C’est un outil consistant en un premier temps à rassembler l’esprit et apaiser les facteurs mentaux en portant l’attention sur l’inspiration et/ou l’expiration, ou sur la respiration en général. Cet outil fait partie des bases de l’établissement de l’attention, comprenant :

1. l’observation du corps Méditation se rapportant au corps, le considérant comme simple moyen par lequel les appellations « homme, animal, il, elle, je » peuvent être utilisées, mais dans lequel n’existe aucune entité immuable méritant l’une de ces appellations.

2. l’observation des sensations Méditation se rapportant aux sensations et les considérant comme la réaction automatique du corps ; par conséquent on ne doit s’attacher à aucune d’entre elles comme étant « homme, animal, il, elle ou je ».

3. l’observation de l’esprit, du « mental-coeur » Méditation se rapportant aux diverses impressions mentales comme simples résultats des stimulus extérieurs. Ainsi n’y-a-t-il rien de substantiel qui puisse de façon égocentrique être appelé ou considéré comme « homme, animal, il, elle ou je ».

4. l’observation des objets mentaux, des phénomènes. Méditation se rapportant aux conceptions ou pensées, et aux stimulus extérieurs (objets des sens) ou phénomènes, ne pouvant jamais être nommés « homme, animal, il, elle ou je ».

 

Les pratiques complémentaires

La pratique de prévenir l’installation des conditions négatives (exemplifiée par l’observance des préceptes) doit s’équilibrer par la pratique de développer les conditions bénéfiques. Dans cette optique tout bouddhiste est censé faire croître dans son esprit ce qu’on appelle les «quatre demeures divines» ou «états d’esprit sublimes» et les concrétiser dans sa vie quotidienne, évitant ainsi de sombrer dans une attitude égocentrique de « profit » spirituel.

Ce sont respectivement :

1. mettæ

– Bonne volonté, bienveillance.

– Sens de la gratitude, patience, sans esprit de blâme.

– Faculté de faire la paix avec toutes les conditions, positives et négatives. Laisser vivre et évoluer ce qui existe.

2. muditæ

– Joie au bien-être d’autrui (par opposition à la jalousie).

– Joie sympathique, appréciation de la beauté, de la bonté et de la Vérité.

3. karunæ

Compassion, empathie, volonté d’agir pour le bien d’autrui. Elle n’implique ni connotation sentimentale ni passivité.

4. upekkhæ

– Équanimité, sérénité, équilibre émotionnel, non-différence (et non pas indifférence).

– Amour sans considération de sujet ou d’objet.

– Attitude mentale inébranlable devant les huit conditions mondaines

– Autres sens possibles : neutralité (dans les trois sortes de sensations), observation détachée des

phénomènes (dans les éléments de l’Éveil).

Dans un souci de cohérence entre la recherche de la sagesse et la pratique de la compassion, et d’harmonie entre développement intellectuel et émotionnel, tout bouddhiste est également invité à cultiver ce que l’on nomme « allé au-delà ». Ces qualités ou vertus transcendantes, ou maîtrises, traditionnellement au nombre de dix, sont tout spécialement recommandées par le Bouddha pour ceux qui aspirent à l’Éveil :

1. don

2. conduite éthique

3. renoncement (à l’esclavage des plaisirs sensuels)

4. connaissance transcendante

5. effort bien orienté, énergie

6. patience, endurance

7. véracité

8. résolution, détermination vers le but

9. bienveillance

10. équanimité.

 

Vivre et laisser vivre

« Inhalez l’univers tout entier,

accueillez toutes choses.

Exhalez l’univers tout entier,

abandonnez votre emprise sur toutes choses. »

(Ajahn Viradhammo)

« Le sage ne s’accroche à rien comme lui appartenant,

et ne rejette rien comme ne lui appartenant pas. »

(Sutta Nipæ ta)

Une part importante de la pratique de l’Enseignement du Bouddha est la recherche constante de l’équilibre en résolvant les paradoxes et en particulier celui d’attachement et non-attachement. Le Bouddha reconnaît la réalité et la puissance de l’amour mondain. Néanmoins lorsqu’il est fait référence à l’amour dans l’enseignement bouddhique, il s’agit d’un sentiment (ou d’une qualité mentale) qui transcende tout aspect mondain.

« Tout le monde tremble devant la violence, tout le monde a peur de la mort.

Comparant les autres avec soi-même, on ne doit jamais tuer ou être cause de mort. »

Ce verset (n°129), extrait du Dhammapada, exemplifie l’attitude fondamentale que l’on doit cultiver lorsque l’on se prétend dans la Voie du Bouddha. L’une des pratiques de base dans le bouddhisme ancien étant le développement de la bienveillance. Bien que l’on puisse suivre cette Voie depuis de nombreuses années, c’est une pratique chaque jour renouvelée permettant de reconnaître puis juguler la tendance naturelle aux diverses formes de convoitise ou de rejet surgissant dans le mental en réaction au monde des sens, la tendance naturelle à penser que le monde doit fonctionner selon nos désirs et que nous en sommes le centre.

Le maître mot de cette pratique est « vivre et laisser vivre ». À proprement parler, dans l’Enseignement du Bouddha, on ne fait pas référence à un concept de « vie » dans un sens collectif, on considère qu’il n’y a que des êtres vivants, des organismes individuels. Et la vie qui les anime n’est pas divine ou octroyée par un être divin quelconque, elle est simplement le résultat du kamma (action consciente) passé, actualisé par la convoitise. Par conséquent l’attitude bouddhiste n’est pas fondée sur le respect mais sur la compassion ; l’expression « respect de la vie » ne se trouve en effet pas dans le bouddhisme, on rencontre par contre, de façon récurrente et dans toutes les diverses écoles, la notion de compassion pour les êtres vivants.

Le premier précepte, liant tout bouddhiste, est exprimé de la façon suivante : « Je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de léser tout être vivant. ». Cette injonction commence bien entendu par les aspects les plus grossiers, s’efforcer de ne pas détruire des êtres vivants ou les utiliser à son propre profit, mais la discipline dans cette tradition consiste également en des aspects plus subtils. Le précepte enjoint, dans une acception large, de s’efforcer à ne pas entraver l’élan vital de tout ce qui existe. Cela va beaucoup plus loin que l’impératif catégorique classique du christianisme « Tu ne tueras point. », et possède un vaste impact psychologique en incluant également les phénomènes mentaux.

Dans la stratégie bouddhique il est fortement déconseillé de réprimer ce qui surgit dans l’esprit, que ce soit au cours de la vie quotidienne ou dans la pratique de la méditation : émotions, pensées, sensations, souffrance, bien-être, etc. Tout ce qui vit naît, se développe et disparaît en fonction de causes et de conditions et nul, en usant de violence, ne peut faire en sorte que ces causes et ces conditions ne portent pas leurs fruits ; seules la compassion et la patience peuvent nous permettre de prendre l’espace mental suffisant afin d’agir avec sagesse en toutes situations, au lieu de nous ruer sur l’obstacle, emporté par le désir impérieux de « tout changer ». Tout s’acheminant inéluctablement vers le déclin, il est donc parfaitement inutile, voire néfaste, de vouloir précipiter le phénomène.

 

Nourrir la pratique

Pour un bouddhiste tout est nourriture, dans le sens de ce qui permet d’exister. Aucune de ces différentes nourritures ne possède plus d’importance ou de noblesse que l’autre, chacune étant nécessaire au fonctionnement harmonieux de l’ensemble corps/esprit humain, si précieux pour la réalisation de la Vérité ultime.

Les laïcs

Dans le bouddhisme ancien il n’existe pour les laïcs aucune prescription particulière en ce qui concerne l’alimentation. Le laïc se comportera vis-à-vis des aliments qu’il absorbe comme vis-à-vis de toutes choses, considérées comme objets susceptibles de créer l’attachement générateur de souffrance. En ce sens la pratique d’un bouddhiste sérieux ne sera pas foncièrement différente de celle d’un moine, la séparation n’étant pas si grande que certains voudraient le faire croire, ce sont simplement les conditions environnementales qui changent. Tout laïc étant censé observer les préceptes de base (au nombre de cinq), en particulier le premier enjoignant de ne pas léser les êtres vivants, il lui appartient, et à lui seul, de prendre les décisions relevant par exemple de sa consommation ou non de produits carnés, en contemplant de façon réaliste l’étendue de sa responsabilité en fonction de ses actions intentionnelles (volontaires et conscientes).

Les moines

La nourriture fait partie des quatre besoins essentiels du moine (les autres étant les vêtements, le logement et les remèdes) et à ce titre doit être acquise de façon harmonieuse, non violente, sans ostentation, et en étroite dépendance avec la communauté des laïcs. C’est pour cela que la nourriture est offerte au moine, qu’il doit la consommer avec gratitude et la considérer avec pragmatisme. De nombreux points de son Code de discipline régissent ce domaine. Avant le repas le moine récite une réflexion sur ce qu’il s’apprête à prendre ; ce texte peut également constituer une saine base de contemplation pour tout bouddhiste :

« Nous utilisons la nourriture offerte en la considérant de façon correcte : non pas pour s’amuser, ni pour se gaver, ni pour s’engraisser ou pour la beauté du corps ; mais seulement pour entretenir le corps et le conserver en bonne santé nécessaire à la vie pure, pensant : nous allons ainsi détruire la sensation précédente de faim sans produire une nouvelle sensation due à trop de nourriture. Nous serons ainsi libres de toute maladie du corps et vivrons sans inconfort. »

Le moine mange en silence, dans la vigilance analytique, en s’appliquant à contempler sa nourriture selon les divers aspects qui y sont liés, dans un véritable esprit de méditation : la connaissance des ingrédients de sa nourriture, de la véritable nature non attirante et non permanente de sa nourriture, du non-attachement à sa nourriture.

Diverses règles sont à observer pour celui « qui a quitté la vie du foyer », en particulier il ne lui est pas permis de manger après le passage du soleil au zénith. Néanmoins, toujours dans un souci de réalisme et d’évitement de vaines austérités, en dehors de la période prescrite pour prendre le repas quotidien, le Bouddha a autorisé dans le Code de discipline monastique ancien la consommation de certains aliments reconstituants pour les moines malades et pour ceux qui éprouveraient de la fatigue ou de l’inconfort liés, par exemple, à un travail physique intensif. Ces aliments (considérés comme des remèdes à l’époque du Bouddha) étaient : le beurre clarifié, le beurre frais, l’huile de Tila (sésame), le miel, la mélasse. Ces produits sont généralement remplacés de nos jours par le fromage ou le chocolat ! Les diverses spécifications concernant les aliments et les remèdes (les deux se confondant parfois) autorisés sont décrites dans le sixième chapitre du Mahæ vagga, l’une des divisions du Livre de la Discipline.

Certaines règles particulières ont été édictées par le Bouddha à l’attention des moines désirant pratiquer plus intensément ; elles ne présentent cependant aucun caractère obligatoire. Toutes les règles relatives à l’alimentation, volontairement observées, n’ont pour but que de cultiver la modération et le contentement vis-à-vis de la nourriture offerte, seule attitude correcte pour tous ceux qui se sont engagés dans la voie monastique instaurée par le Bouddha.

Par Aiko
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Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /Août /2007 12:50
- Publié dans : Bouddhisme

fuyu-0671.gif Le terme «Bouddha» signifie «l’Éveillé», «Celui qui est libre de l’illusion», le «Sage parfait». Il y a plus de 2 500 ans Gautama le Bouddha découvrit et commença à enseigner une Voie grâce à laquelle chacun pouvait s’éveiller à la Vérité ultime ou Dhamma. À la suite de cette découverte, au cours de ses quarante-cinq années d’enseignement en Inde à toutes catégories d’auditeurs, sans considération d’origine sociale, il fonda un ordre monastique, la Sangha, afin que cette Voie du Dhamma puisse se perpétuer.

La structure toute entière du bouddhisme repose sur ces trois fondations : le Bouddha, le Dhamma et la Sangha. On les appelle les trois Joyaux car il est rare et précieux en ce monde de rencontrer un enseignant sage, totalement éveillé, le Bouddha, un enseignement qui incite à la recherche de la Vérité et de la Paix, le Dhamma, et des hommes et des femmes désireux de dédier leur vie à pratiquer selon l’Enseignement et réaliser cette Vérité, la Sangha.

Ces trois Joyaux représentent les principes de Sagesse, Vérité et Vertu, devenant alors les trois Refuges guidant tous les bouddhistes. Ce sont des éléments indispensables à la cohérence et à la solidité de l’édifice tout entier, même si certaines «écoles» prétendument bouddhiques pensent, pour des raisons diverses, pouvoir se dispenser de l’un ou l’autre de ces piliers.

 

RÉSUMÉ DE LA VIE DU BOUDDHA

Celui qui allait devenir le Bouddha naquit vers 560 avant notre ère près de Kapilavatthu, cité du clan des Sakyas, située actuellement au Népal. Il s’appelait Siddhattha Gotama. Dès sa naissance on lui prédit une vie extraordinaire ; s’il suivait la voie du monde il deviendrait un monarque puissant, et s’il adoptait la voie du renoncement il serait un Éveillé, un Sage parfait, un Bouddha. Un vieux brahmane annonça au père de Siddhattha que c’est cette dernière voie qui serait choisie. Pour éviter que les prédictions du brahmane ne s’accomplissent Suddhodana entoura son fils de tous les plaisirs et de tout le luxe de la vie nobiliaire ; rien de laid ou de déplaisant ne devait pénétrer dans le palais. L’enfance du futur Bouddha se passa donc au milieu des courtisanes, de la musique et des plus subtils plaisirs. Mais il portait en lui la semence de son futur état, résultat de nombreuses « vies antérieures » ; et on dit que le Bodhisatta fit quatre promenades hors du palais avec son fidèle cocher. Au cours de ses sorties il fut confronté à la vie réelle et réalisa qu’elle n’était pas exclusivement joie et plaisir : il rencontra successivement un vieillard, un malade, un cadavre que l’on portait au bûcher, et comprit l’universelle présence de la souffrance. Sa dernière rencontre, un ascète rayonnant de sérénité, lui fit entrevoir la solution ; depuis ce jour il résolut de fuir sa vie de luxe et de chercher la Vérité dans la vie errante.

Une nuit, alors que tout le monde était endormi, il alla voir une dernière fois sa femme et son fils nouveau-né, sans les réveiller, et quitta le palais. Parvenu à la lisière de la forêt il offrit ses vêtements et ses bijoux à son cocher, fit ses adieux à son cheval, se coupa les cheveux en signe de renoncement, et partit. Le Bodhisatta avait alors vingt-neuf ans.

Il étudia d’abord sous la direction de deux Maîtres célèbres de l’époque, mais leurs enseignements n’apportèrent aucune solution à son problème. Il résolut alors de suivre la voie de l’extrême ascétisme ; c’est à cette période que vinrent à lui cinq disciples attirés par l’austérité de ses pratiques. Il fut bientôt réduit à l’état de squelette, ne pouvant plus se soutenir, aux portes de la mort. Au bout de six années de mortifications, il vit que cette voie non plus ne pouvait être la solution et il l’abandonna. Croyant qu’il avait adopté une vie facile, ses compagnons le quittèrent. Il reprit de la nourriture pour fortifier son corps, s’assit sous un arbre en prenant la résolution de ne pas se lever avant d’avoir réalisé pleinement la Vérité. Il resta ainsi pendant une semaine, et aux premières lueurs de l’aube de la dernière nuit, la lumière se fit totalement en lui ; il était devenu le Bouddha, le Parfaitement Éveillé. Cela se passait à Bodh Gaya, à la pleine lune de mai, le Bouddha avait alors trente-cinq ans.

Juste après son Éveil un doute s’éleva en lui : les hommes, englués dans l’ignorance, la convoitise, pourront-ils comprendre cette Vérité sublime, difficile et profonde ? Mais, se dit-il, « Certains n’ont sur les yeux qu’un voile léger, et ceux-là comprendront. », et il décida d’offrir son enseignement au monde par compassion pour tous les êtres. Il pensa tout de suite à ses cinq premiers compagnons, car ceux-ci, songea-t-il, seraient capables de comprendre. Il les retrouva non loin de Bénarès, et bien que ses anciens disciples eurent l’intention de ne pas lui manifester d’égards, ils furent immédiatement frappés par sa majesté et sa sérénité, et s’empressèrent autour de lui. Le Bouddha prononça alors son premier sermon, appelé Sermon de Bénarès, dans lequel il exposa les «quatre Vérités nobles», fondement de tout ses Enseignements. Le noyau des cinq premiers disciples, qui devinrent les cinq premiers moines, fut ainsi constitué ; ils se comptèrent par la suite au nombre de soixante puis par milliers.

Les quarante-cinq années qui lui restaient à vivre furent consacrées entièrement à la diffusion de ce qu’il avait découvert. Hommes et femmes, sans aucune distinction de caste ou de rang social, que ce soit fils de prince, courtisane ou brigand, tous étaient considérés également, recevaient avec la même attention bienveillante l’enseignement exprimé en termes accessibles à chacun.

De nombreux disciples furent ordonnés, c’est ainsi que se créa l’Ordre des moines ou Sangha. Un jour, vers 480 avant notre ère, à Kusinagara, le Bouddha s’allongea entre deux arbres, puis, expérimentant les divers degrés d’«absorption» mentale, «entra dans le parinibbæ na » ; les renaissances étaient terminées pour lui. Ses dernières paroles d’exhortation furent : « Tous les composés sont non permanents. Libérez-vous grâce à l’effort et à la vigilance. ».

Son corps fut déposé sur un bûcher et incinéré, et ses cendres réparties entre les divers clans. On construisit de monumentaux stupa pour les recevoir. Certains de ces stupa sont encore visibles de nos jours et sont des lieux tout particulièrement respectés par les bouddhistes.

 

LA QUÊTE DU BOUDDHA : L’ÉVEIL

Le processus de maturation de l’homme ordinaire Siddhattha en Bouddha est probablement le plus grand mystère qui existe. L’Éveil du Bouddha, fait central du bouddhisme, reflète la réalité de la délivrance et nos propres potentialités à développer les qualités et les vertus les plus hautes.

La motivation de Siddhattha Selon la tradition, le futur Bouddha, conscient du caractère artificiel et illusoire de sa vie de plaisirs, devint progressivement réfléchi et contemplatif. Au cours de ses promenades hors de sa demeure il fit quatre rencontres, que l’on nomme « les messagers divins » dans les Écritures, rencontres qui lui révélèrent la nature réelle de la vie : un malade, un vieillard, un cadavre, un ascète, représentant respectivement l’inéluctabilité de la maladie, de la décrépitude et de la mort et la possibilité de la sagesse transcendante.

C’est à partir de ce moment qu’il résolut de se consacrer à la recherche de la Vérité. Cela le conduisit inexorablement à prendre la décision de quitter son foyer et de se vouer à la quête de la Vérité ultime. Il partit donc pour méditer, seul, dans la forêt. Après avoir suivi les doctrines et les pratiques de plusieurs Maîtres célèbres et ayant trouvé leurs enseignements insatisfaisants, il passa par une période de macérations physiques qu’il considéra en définitive tout aussi vaine que sa vie de plaisirs antérieure. Rejetant les extrêmes, il s’installa au pied d’un arbre et prit la ferme résolution de parvenir à l’Éveil quoi qu’il arrive : « Ici, sur ce siège, que mon corps se dessèche, que ma peau, mes os, ma chair, se dissolvent ! Mais sans avoir obtenu l’Éveil difficile à obtenir dans l’espace de plusieurs kappa, mon corps ne bougera pas de cet endroit ! »

L’Éveil du Bouddha Il est décrit généralement comme la compréhension totale et l’intégration des « quatre Vérités nobles » et de l’interdépendance universelle : « Il comprit que la cause du vieillissement, de la maladie et de la mort est la naissance ; après elle, tout le reste s’ensuit inévitablement. Il saisit que la cause de la naissance se trouve dans les processus de devenir, eux-mêmes déjà commencés ; que la cause de cela est la soif insatiable, l’avidité ; que la cause de la soif et de l’avidité est le désir égocentrique ; que ce désir est produit par les sensations de bonheur, de souffrance ou d’indifférence ; que la condition nécessaire de ces sensations est qu’il existe un contact des sens et du monde ; que la cause du contact des sens est qu’il existe un domaine des sens ; que la cause de cela est l’apparition du corps et de l’esprit. Il perçu que le corps-esprit et la conscience se conditionnent mutuellement de telle façon qu’il se produise une grossière illusion d’un moi indépendant. Il réalisa que la cause de la conscience est l’élan de la projection sur les objets et finalement que la cause de cet élan est l’ignorance.  Il conçut donc que le cycle entier qui s’achève par la décrépitude et la mort commence quand l’intelligence fondamentale s’assoupit dans l’ignorance de sa propre nature. Ainsi, cette intelligence pénétrant tout se fourvoie et engendre l’illusion d’un moi indépendant. » (adapté des Écritures)

Les premiers mots que le Bouddha prononça après son Éveil furent ceux-ci :

« Errant à travers les cycles d’innombrables naissances, j’ai cherché en vain le bâtisseur de cette maison. Naître sans cesse, là est vraiment dukkha. Ô bâtisseur, je t’ai maintenant reconnu, tu ne reconstruiras plus d’édifice, tes chevrons sont brisés, la poutre maîtresse est rompue. Mon esprit a atteint le non conditionné et est parvenu à la destruction de toute convoitise. »

 

Le phénomène de l’Éveil est, au sens propre du mot, ésotérique car, dans sa condition ordinaire, l’esprit humain ne peut pas l’appréhender. Ce qui peut être transmis n’est pas la connaissance directe de cette ultime Vérité elle-même, mais une indication du chemin par lequel elle peut être atteinte par chaque homme par lui-même, à condition qu’il déploie l’effort et les qualités nécessaires à cette quête, les éléments de l’Éveil. Car en fait, que les bouddhas apparaissent ou non la Vérité est, la Réalité est. La possibilité de réaliser soi-même cette Vérité existe donc. Le mot « éveil » est largement répandu dans certaines traditions ou milieux spirituels, ce qui ne signifie nullement que tous parlent de la même expérience.

La plupart du temps dans les Écritures bouddhiques on ne l’aborde que rarement de façon positive, on décrit plutôt ce qu’il n’est pas, à la manière de la théologie dite négative dans la tradition chrétienne. On aurait tort néanmoins d’y découvrir, comme beaucoup d’auteurs non bouddhistes, une expérience purement négative, voire une théorie nihiliste.

Par Aiko
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Mardi 21 août 2007 2 21 /08 /Août /2007 15:42
- Publié dans : Bouddhisme

nenga-0300.gif “Si vous n’êtes pas heureux, c’est que votre religion n’est pas authentique.”

(Maître Deshimaru)

 

Qu'est-ce que le Zen ?

Le Zen est-il une philosophie, une religion, une pratique, un ensemble de doctrines ? C'est tout cela à la fois, et en même temps, rien de tout cela. Le bouddhisme, dont le Zen est une branche, est apparu en Inde il y a environ 2600 ans, fondé sur les enseignements d'un sage que l'on a appelé le Bouddha, l'"éveillé". De l'Inde, le bouddhisme s'est répandu dans toute l'Asie, y prenant des formes variées suivant les cultures. Ainsi, venant de l’Inde, le Zen est apparu en Chine sous le nom de Chan, et s'est ensuite répandu en Corée, au Vietnam et au Japon. Bien qu'elles aient toutes la même origine, les écoles bouddhistes sont assez différentes les unes des autres. Certaines mettent beaucoup l'accent sur le mode de vie, d'autres sur l'étude philosophique, d'autres sur des rituels dont certains peuvent apparaître un peu exotiques ou compliqués à un Européen. Le Zen est centré sur une pratique aux formes simples et dépouillées, ce qui le rend accessible et bien adapté aux Occidentaux.

 

Que peut vous apporter le Zen ?

Très rapidement, vous constaterez les effets bénéfiques du Zen sur votre santé. Des travaux scientifiques montrent les bienfaits de la pratique de Zazen pour la santé, notamment par : • le rééquilibrage profond et naturel du système nerveux • le renforcement des défenses immunitaires • la régulation et l'apaisement du rythme cardiaque, sans doute dus à une plus grande liberté respiratoire, liée à la détente du plexus solaire, • un plus grand calme et une plus grande clarté de l'esprit • moins de prise au stress et aux agressions de la vie moderne. Avec la pratique du Zen, votre santé s'améliorera, car c'est sans doute le moyen naturel le plus puissant de régulation psychosomatique.

Par ailleurs, le Zen vous aide à retrouver le contact avec la profondeur de vous-même et en conséquence des autres, et ainsi à mieux pénétrer la réalité qui vous entoure. C'est ainsi que vous pourrez trouver cette détente, cette joie, cette communication simple auxquelles nous aspirons tous. Vous verrez se développer votre calme intérieur et votre capacité d'attention. Vous vous sentirez moins talonné par la nervosité et l'impatience. Vous serez capable de traverser des situations de pression ou de forte compétition avec moins de stress et d'anxiété en y perdant moins d'énergie. La pratique vous aidera aussi à clarifier vos motivations, vos priorités, et à retrouver en vous-même vos vraies valeurs.

 

Voici les "dix mérites infinis du Zen" tels que les décrivait Maître Deshimaru :

1 - Les cinq organes de la perception reviennent à leur condition originelle de calme spirituel.

2 - L'esprit se purifie.

3 - Les illusions se dissipent.

4 - L'esprit d'attachement s'affaiblit.

5 - Les influences perdent leur puissance.

6 - La peur s'évanouit.

7 - L'esprit de compassion mûrit et s'épanouit.

8 - La vertu de patience augmente.

9 - La sagesse se manifeste.

10 - La foi s'approfondit, et l'esprit religieux se révèle.

 

Faut-il devenir bouddhiste ?

Arrêtons-nous un instant sur la question importante de l’appartenance religieuse. Certes le Zen est une branche du bouddhisme, et le bouddhisme est souvent considéré comme une religion. Faut-il donc embrasser une nouvelle religion, le bouddhisme, pour pratiquer le Zen ? Il ne s’agit absolument pas de cela. Le bouddhisme, et en particulier le bouddhisme zen, ne part d’aucun présupposé de quelque nature que ce soit, n’impose aucun dogme, aucune croyance. C’est simplement un moyen précis et puissant de développement personnel et spirituel.

 

Par Aiko
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Mardi 21 août 2007 2 21 /08 /Août /2007 15:37
- Publié dans : Bouddhisme
Dans cet article, après des généralités sur le bouddhisme zen, je vais vous expliquer comment faire zazen.

 

Le Bouddhisme révère traditionnellement les trois «trésors» : le Bouddha, le Dharma, et le Sangha.

Bouddha

Bouddha fait référence au Bouddha Gautama, le fondateur du Bouddhisme. Il est né vers 463 avant notre ère, à la frontière de ce qui est aujourd’hui le Népal et l’Inde. A 29 ans, il quitta le palais pour partir à la recherche du sens de la vie, et après de nombreuses années, après avoir adopté une méthode simple de pratique physique qui équilibrait son corps et son esprit, il découvrit ce qu’il cherchait : que le monde n’existe qu’ici et maintenant, et que l’univers est splendide tel qu’il est.

Dharma

Dharma fait référence autant aux enseignements du Bouddha Gautama qu’à la simple réalité ou vérité qui existe devant nous. Le Bouddha Gautama enseignait que le monde réel dans lequel nous existons en cet instant, n’est pas identique à nos pensées à son sujet, et pas identique non plus aux perceptions que nous en avons. Et il appela Dharma cette expérience réelle de «ce qui est ici et maintenant» : réalité ou vérité.

Sangha

Le Bouddha Gautama a organisé ses disciples en moines, nonnes et laïcs des deux sexes, et cette structure a été perpétuée jusqu’à nos jours. Nous l’appelons le Sangha. C.est la famille bouddhiste.

 

Action correcte

Le Bouddhisme affirme l’importance centrale du comportement moral et éthique dans tous les domaines de la vie. Le Bouddhisme met l’accent sur le fait que le juste et l’erroné ont à voir avec le moment présent, ici et maintenant. Agir moralement signifie agir correctement en ce moment précis. Agir correctement à cet instant est la seule véritable moralité.

 

Cause et effet

Le Bouddhisme dit que la cause et l’effet sont absolus. La cause et l’effet opèrent autant dans le domaine mental que dans le domaine physique. un comportement correct amènera le bonheur ; un comportement erroné entraînera le malheur.

 

Quatre conceptions du monde

Le Bouddha Gautama enseignait qu’il y a quatre points de vue fondamentaux.

Le premier point de vue est fondé sur la pensée, et est généralement connu sous le nom d’idéalisme. Il comprend l’aspect subjectif, et la plupart des branches de la philosophie.

Le second point de vue est fondé sur la matière, et on l’appelle généralement matérialisme. Il comprend toutes les sciences, et c’est une conception du monde subjective et physique.

Le troisième point de vue est spécifique au Bouddhisme, et se fonde sur l’action. Le point de vue de l’action part du fait que lorsque nous agissons pleinement au moment présent, nous faisons partie d’un «tout» indifférencié que nous appelons réalité ou Dharma. Dans l’état de l’action, nous ne formons pas d’abstractions à propos de ce qui se trouve devant nous, mais nous agissons simplement dans le tout indifférencié du moment.

Le quatrième point de vue n’est pas à proprement parler un point de vue, mais fait référence à l’expérience-même de la vie dans le monde réel. De même que l’Univers contient toutes choses et tous les phénomènes, vivre dans le monde réel comprend tous ces points de vue.

 

La philosophie de l’action

Elle forme le coeur des enseignements philosophiques du Bouddhisme. Pour construire une théorie du présent, pour comprendre comment le temps travaille, et ainsi notre existence elle-même, il nous faut dire que nous vivons dans une succession de moments. Chaque moment est complet en soi, mais nous concevons l’existence ici et maintenant comme reliée aux moments passés et tendue vers les moments futurs parce que c’est la seule façon que nous ayons d’y penser. En fait, chaque moment est lié par le passé et pourtant reste toujours libre. Ceci peut sembler un paradoxe insoluble, si nous y réfléchissons, mais c’est la situation réelle dans laquelle nous vivons, instant après instant. L’action au moment présent est absolument libre. Cette liberté de chaque instant nous offre un choix : faire ce qui est bien ou faire ce qui ne l’est pas. Il ne s’agit pas d’un choix intellectuel. C’est un choix au moment d’agir. Un choix que nous effectuons par notre agir même.

 

De quoi faisons-nous l’expérience, en Zazen?

Zazen est la forme la plus simple de l’action, et lorsqu’on pratique Zazen on ne pense pas intentionnellement à quoi que ce soit, et on ne se concentre pas sur ses sentiments et ses perceptions.

Différent de la pensée

L’état en Zazen est sans intention et est différent de la pensée. Cette affirmation semble étrange vu que nous croyons normalement que nous sommes toujours en train de penser. Nous évitons intentionnellement de suivre un train de pensées durant Zazen en nous concentrant et en maintenant la posture. Evidemment, des pensées et des images spontanées surgissent de notre conscience pendant Zazen, mais elles ne sont pas importantes. Lorsque nous remarquons que nous sommes en train de penser à quelque chose, nous devrions simplement arrêter. Si nous corrigeons notre posture, la pensée ou la perception disparaîtra et notre conscience redeviendra lentement claire et nous nous sentirons paisibles. Dans cet état paisible et équilibré, nous sommes dans l’état qui est «différent de la pensée». Pourtant, si nous tentons délibérément d’atteindre l’état qui est différent de la pensée, nous n’y arriverons jamais. Lorsque notre conscience est pleine de pensées et de sentiments durant Zazen, nous devons laisser notre état tel qu’il est. Nos soucis feront des bulles à la surface et s’évaporeront dans l’univers. De la sorte, en nous concentrant sur la posture, nous reviendrons naturellement à notre état originel pendant notre pratique.

Redresser le corps : un système nerveux autonome équilibré

En Zazen on s’assied sur un coussin sur le sol avec les deux jambes croisées et avec le bas et le haut de notre colonne vertébrale ainsi que notre tête redressés à la verticale. Maintenir l’échine droite a un effet direct et immédiat sur le système nerveux autonome qui contrôle de nombreuses fonctions corporelles. Ses effets incluent le contrôle du rythme cardiaque, et de la force de contraction, constriction et dilatation des vaisseaux sanguins, la contraction et la relaxation des muscles involontaires de divers organes, la capacité à accommoder les yeux et la dimension de pupilles et la sécrétion des hormones de différentes glandes, directement dans le flux sanguin. Le système nerveux autonome est composé de deux sous-systèmes : le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique. Lorsque le système nerveux sympathique est stimulé, notre rythme sanguin augmente, nos artères et nos veines se contractent, les poumons se détendent, et nos pupilles se dilatent; bref, on devient tendu et alerte. Lorsque le système nerveux parasympathique est stimulé, le contraire se produit : le rythme cardiaque diminue, les artères et les veines se dilatent, les poumons se contractent ainsi que les pupilles. On peut voir que les deux systèmes préparent le corps à des réponses active ou passive, parfois appelées syndrome du «combat ou de la fuite». Lorsque l’effet des deux systèmes sur les organes est équilibré, nous ne sommes ni prêts à nous battre, ni à fuir; nous sommes dans l’état normal. Les nerfs parasympathiques émergent de la moelle épinière à la base de la colonne (les seconde, troisième et quatrième vertèbres sacrées) et par les vertèbres cervicales, dans le cou, alors que les nerfs sympathiques émergent de la moelle épinière par les vertèbres médianes du dos (les vertèbres de T1 à L2). Maintenir l’échine normalement droite, avec la tête posée carrément au sommet de la colonne vertébrale minimise la compression des nerfs de ces deux systèmes aux points où les nerfs émergent des vertèbres, et assure un flot ininterrompu de sang, ce qui leur permet de fonctionner normalement. Lorsque les systèmes parasympathique et sympathique travaillent tous deux normalement, ils fonctionnent en opposition pour nous donner un état d’équilibre de corps-et-esprit; ni trop tendu, ni trop détendu, ni exagérément optimiste, ni pessimiste; pas trop agressif et pas trop passif. C’est cet état physique d’équilibre dans le système nerveux autonome qui donne lieu à ce que nous appelons un corps-et-esprit équilibré.

Unité du corps et de l’esprit au moment présent

En général, nous pensons qu’il y a quelque chose qu’on appelle «esprit» et autre chose qu’on appelle «corps» et que les deux sont séparés, même s’ils ont un grand effet l’un sur l’autre. Dans le Bouddhisme, nous croyons que le corps et l’esprit ne sont que deux aspects d’une même entité, que nous appelons «moi même», mais que nous ne pouvons pas saisir complètement. Nous croyons que tout phénomène mental a un côté physique et que tout phénomène physique a un côté mental. Nous ne croyons pas en l’existence indépendante de quelque chose qu’on appelle «esprit» qui serait séparé du corps physique, du cerveau, du système nerveux et ainsi de suite.

Unité avec l’Univers

Lorsque nous sommes en train de pratiquer Zazen, non seulement pouvons-nous dire que le corps-et-esprit sont un, mais nous sommes également assis dans l’état où il n’y a aucune distinction entre nous-mêmes et les circonstances extérieures, le monde qui nous entoure. La plupart des gens ont à un moment ou l’autre fait l’expérience de ce sentiment simple d’unité avec tout, et en Zazen, on peut constater qu’il ne s’agit pas que d’un sentiment, mais l’état réel des choses au moment présent. Lorsque nous sommes assis en Zazen, nous ne faisons qu’un avec l’Univers, et cet état inclut toutes choses et phénomènes. En ce sens, quoique nous ressentions cet état, nous ne pouvons le saisir intellectuellement. Nous ne pouvons le décrire complètement. Nous appelons cet état «ineffable», ou «dharma», ou «vérité», ou encore «réalité». Mais même ces mots sont inadéquats pour décrire l’état simple et original auquel nous retournons en Zazen.

 

De quoi a-t-on besoin pour pratiquer Zazen?

Zazen requiert le minimum d’espace; juste assez pour s’asseoir les jambes croisées. Dans le Shôbôgenzô, Maître Dôgen décrit les conditions idéales pour pratiquer Zazen : «Pour s’asseoir en Zazen, un endroit calme convient. Préparez un tapis d’assise épais. Ne permettez pas qu’entrent le vent et la fumée. Ne permettez pas à la pluie et à la rosée de s’introduire. Mettez à part une zone qui contienne le corps. L’endroit pour s’asseoir devrait être clair. . . »

Le zafu : un coussin pour le Zazen

Un zafu est un coussin rond qu’on utilise pour le Zazen. Un zafu moyen mesure de 30 à 40 centimètres de diamètre, avec une circonférence d’environ 115 cm., mais on peut choisir la dimension du zafu à sa guise. Le zafu est bourré de kapok de sorte qu.il gardera une hauteur de 10 à 13 cm, lorsqu’on est assis dessus ; un zafu mou n’est pas idéal. Evidemment, il est possible de pratiquer sans zafu, en utilisant une couverture repliée plusieurs fois, un couvre-lit roulé, ou une paire de coussins ordinaires mais fermes, placés l’un par-dessus l’autre.

Zabuton . un tapis de sol

Les planchers de la plupart des maisons modernes sont durs, et il vaut donc mieux poser son zafu dans une pièce pourvue d’un bon tapis, ou bien placer un tapis sous le zafu. Le tapis de type japonais, ou zabuton, fait un peu moins d’un mètre carré, et est lâchement bourré de coton ou de kapok afin d’apporter un effet de coussin sous les genoux.

 

Comment pratiquer Zazen

Placez le tapis et le zafu sur le sol à environ 90cm d’un mur uni. Traditionnellement, on pratique Zazen face au mur, et il y a deux styles d’assise, tous deux méthodes authentiques. On commencera en décrivant la plus facile pour tous les débutants: le demi-lotus.

Posture de demi-lotus

D’abord, asseyez-vous avec les fesses posées au centre du zafu, face au mur. Puis repliez un genou, amenez le pied aussi près du zafu qu’il vous l’est possible sans inconfort, et tournez le genou vers l’extérieur afin que sa face extérieure touche le tapis. Ensuite, posez le pied sur l’autre jambe, sur la cuisse opposée. Oui, évidemment, c’est un peu difficile pour les débutants. Aussi, si ça devient douloureux au début, vous pouvez changer de côté, en posant l’autre pied sur l’autre cuisse. A force de pratiquer régulièrement, vos jambes s’assoupliront et cette posture deviendra plus aisée et plus naturelle. Si vous sentez que s’asseoir dans une position tout le temps fatigue votre bassin de façon inégale, vous pouvez changer de côté après quelques mois de pratique.

Posture du lotus

La posture du lotus est la posture avancée standard pour Zazen. D’abord, mettez-vous en demi-lotus. Puis, en maintenant ce pied en place sur votre cuisse, saisissez l’autre pied avec la main, et relevez-le sur la cuisse opposée. Ensuite, vos jambes seront croisées avec un pied sur chaque cuisse, et (espérons-le!) vos genoux posés sur le tapis. Cette position sera inconfortable et paraîtra non-naturelle à la plupart des débutants, mais avec de la pratique, elle deviendra très confortable. Vous trouverez qu’il est bien plus facile de s’asseoir dans cette posture après avoir pratiqué le demi-lotus pendant un certain temps afin de détendre vos jambes et vos chevilles.

Les mains

Avec les pieds en demi ou en plein lotus, placez vos mains sur votre giron. Placez les deux mains paumes en l’air, avec les doigts de la main inférieure qui supportent ceux de la main supérieure. Si votre pied droit est par-dessus l’autre, alors votre main gauche devrait être en dessous, et vice-versa. Incurvez les mains en ovale, de sorte que les pouces se touchent. Vos pouces devraient se rencontrer environ à la hauteur de votre nombril, et reposer doucement contre votre corps. Gardez les bras légèrement éloignés de vos flancs, et relâchez les épaules.

La tête et le cou

Les jambes et les bras en position, étirez votre dos vers le haut. Vous voudrez peut-être balancer doucement la tête de droite à gauche et d’avant en arrière jusqu’à ce que vous sentiez qu’elle pose de son propre poids au sommet de la colonne vertébrale. Imaginez que la colonne vertébrale avec la tête au sommet est une colonne de briques qu’on doit maintenir en équilibre vertical afin d’éviter qu’elles ne tombent. L’échine a une courbure naturelle et nous devons chercher à étirer la colonne vers le haut dans cette posture équilibrée sans forcer. Maintenir le dos naturellement droit et équilibré verticalement est le point le plus important de la pratique de Zazen. Les gens prennent l’habitude de s’asseoir avec le dos détendu et penché vers l’avant, mais en Zazen, on s’assied avec le dos droit. Tenir le bas du dos droit nécessite parfois un effort initial pour surmonter les habitudes quotidiennes, en poussant doucement les fesses vers l’extérieur et le ventre vers l’avant. Avec la tête équilibrée au sommet de la colonne vertébrale, tirez légèrement le menton vers le bas et l’arrière et étirez le cou vers le haut comme si vous étiez attachés par une corde attachée au sommet du crâne. Dans cette posture, balancez doucement de droite à gauche et de gauche à droite jusqu’à trouver la position d’équilibre au milieu. Votre corps ne doit pas pencher ni à droite ni à gauche, ni devant ni derrière. Cette droiture pourra sembler étrange au début, parce qu’il est rare que nous nous asseyons droits. Cette droiture n’est pas de la rigidité, et elle se sert de l’équilibre naturel du corps pour rester en position. Maintenir naturellement droite l’échine est l’essence de Zazen. Tenir droite l’échine nous permet d’entrer dans un état calme et équilibré de corps-et-esprit.

La bouche

Fermez la bouche et les dents. Respirez normalement par le nez. Ne comptez pas vos respirations. Laissez votre langue poser naturellement derrière l’enclos de vos dents.

Les yeux

Tenez ouverts les yeux de façon naturelle. Vous n’avez ni besoin de les ouvrir de façon inhabituellement grande, ni de les tenir mi-clos. Posez naturellement les yeux sur un point du mur à environ un mètre devant vous, en regardant vers le bas à un angle d’environ 45°. Ne restez pas assis avec les yeux non posés.

Commencer Zazen

Assis dans la posture équilibrée que nous venons de décrire, prenez une profonde respiration et laissez-la sortir. Puis balancez le haut du corps deux ou trois fois à gauche et à droite comme un métronome, jusqu’à vous arrêter au milieu. Alors, commencez la pratique. Traditionnellement, lorsqu’on se rencontre pour pratiquer Zazen, on marche jusqu’à son zafu, et on s’incline avec les mains jointes face à son propre siège, avant de tourner dans le sens des aiguilles d.une montre vers l’extérieur et on s’incline vers les autres participants dans la pièce, avant de se retourner vers son zafu et de prendre la posture. Alors on frappe une cloche trois fois comme signal du début de Zazen. Certaines écoles de Bouddhisme enseignent que nous devons pratiquer la respiration abdominale ou compter délibérément nos respirations. Certains utilisent aussi des kôans, ou des histoires bouddhistes sur lesquelles méditer. Mais ces techniques ne font pas partie de la pratique authentique. Les yeux naturellement ouverts, et la bouche naturellement fermée, on n’a ni besoin de contrôler sa respiration, ni de se concentrer sur la pensée ou les sensations. S’asseoir simplement dans la posture équilibrée est le début et la fin de Zazen. Et c’est ce simple état, que nous appelons «faire l’expérience de la réalité»., ou «de la vérité», que les maîtres bouddhistes ont utilisée comme base de leurs enseignements.

Terminer Zazen

Lorsque vous terminez Zazen, restez simplement tranquilles et calmes un moment. Ne soyez pas pressés de vous lever. Si vos jambes se sont endormies, bougez jusqu’à ce que la sensation revienne et alors levez-vous lentement. Traditionnellement, on frappe une cloche une fois à la fin de Zazen. Après s’être levés, on redresse ses vêtements et, face au zafu, on s’incline une fois mains jointes et ensuite on se retourne, et on s’incline à nouveau.

 

Comment pratiquer Kinhin

Kinhin est la façon traditionnelle de marcher lentement afin de soigner l’engourdissement des jambes ou secouer l’endormissement tout en nous permettant de maintenir l’état calme et paisible de Zazen. Lorsqu’on a fini Zazen, on s’incline vers son propre siège, mains jointes, et on se tourne de l’autre côté pour s’incliner devant les autres participants dans la pièce.

Les mains

Faites un poing de votre main gauche, avec le pouce replié à l’intérieur, et placez-le contre le plexus solaire avec le dos de la main vers le haut. Recouvrez le poing gauche avec la main droite ouverte; ensuite, positionnez vos coudes de sorte que vos deux bras soient en ligne droite.

La marche

Tournez à gauche pour faire une ligne avec les autres participants. En vous déplaçant du pied droit, avancez-le de la moitié de la longueur de votre pied gauche. Puis, avancez le pied gauche de la moitié de la longueur de votre pied droit. Ensuite, répétez du droit et ainsi de suite. Mesurez votre marche avec lenteur, de sorte qu’un pas corresponde grossièrement à une inspiration-expiration. Marcher en Kinhin est très lent et votre posture est importante; essayez de maintenir le même état que durant Zazen. Marchez en ligne droite, et lorsque vous rencontrez un mur ou un obstacle, tournez à droite à angle droit, et maintenez votre rythme, recommençant encore du pied droit.

Posture

Vous devez vous tenir confortablement droit, comme si vous étiez suspendu d’un point au sommet de votre tête, avec vos vertèbres alignées. Le corps ne devrait pencher ni à gauche ni à droite, ni être incliné vers l’avant ou l’arrière. La colonne devrait garder la courbure minimale mais naturelle du corps humain. Cette courbure ne doit pas être accentuée par un basculement du bassin vers l’avant ou l’arrière, ni en rejetant les épaules en arrière ou en les arrondissant vers l’avant.

Les yeux

Ne regardez pas autour de vous en marchant en Kinhin; fixez votre attention naturellement sur un point à environ deux mètres devant vous.

Commencer et terminer Kinhin

Formellement, à la fin de Zazen, on sonne une cloche deux fois pour signifier que Zazen est terminé et qu’on commence Kinhin. Après avoir marché en Kinhin pendant de 10 à 15 minutes, on sonne la cloche une fois. Cessez de marcher, et inclinez-vous une fois. Puis continuez dans la même direction et retournez à votre zafu à vitesse normale. On sonne alors la cloche trois fois pour indiquer le début du prochain Zazen.

 

Quelques mots à propos de Zazen

Lorsque nous sommes assis en Zazen, nous le sommes dans le même état que le Bouddha Gautama, et cela est vrai des débutants comme des pratiquants expérimentés. La chose la plus importante de toutes, c’est de pratiquer Zazen tous les jours. S’il y a un intervalle ne fut-ce que de quelques jours seulement d’une pratique sur l’autre, nous perdons notre état simple d’équilibre à cause de la nature agitée et angoissante de la vie moderne. Quoique certains étudiants du Bouddhisme pratiquent Zazen avec rigueur pendant de longues périodes en allant dans un temple, et que cette pratique soit de grande valeur, le sens véritable de Zazen ne peut être tiré que d’une pratique quotidienne sur une longue période. Il vaut mieux, si possible, pratiquer Zazen tôt le matin, juste après s’être levé pour donner le ton de la journée. Mais il est nécessaire de s’établir une routine qui corresponde à notre mode de vie et il faut essayer de s’y tenir. Si on pratique Zazen peu avant de se coucher, le sommeil sera plus confortable, et on s’éveillera plus frais le lendemain. Si on s’établit une routine de pratique simple, dès le petit matin, et juste à la fin de la journée, on établira là la base la plus importante pour sa vie en tant que bouddhiste. Là où votre routine ne le permet pas, faites ce que vous pouvez et cherchez à vous y tenir. Si vous avez des enfants, vos matins peuvent être occupés, et il se peut que vous deviez attendre avant de pouvoir disposer d’un peu de temps pour vous-même. Cherchez, autant que possible, à pratiquer deux fois par jour, en accumulant jusqu’à une heure par jour. Les dimanches et les jours de congé, des périodes supplémentaires de pratique renforceront votre état d’équilibre et vous donneront la paix de l’esprit pendant toute la semaine. La pratique régulière de Zazen est le facteur le plus important de la vie bouddhiste. Continuer la pratique pourra parfois se révéler difficile, en particulier lorsque vous êtes très occupé. Mais, paradoxalement, ce sera dans ces moments que Zazen nous apportera les plus grands bénéfices. Plutôt que de laisser tomber la pratique, tentez de pratiquer ne fut-ce que pendant une courte période afin de maintenir la routine, en revenant à votre ancien temps de pratique lorsque vous êtes moins occupé. Mêmes quelques minutes d’assise en posture de Zazen apportent de grands bénéfices.

Liberté d’action

L’enseignement le plus élémentaire du Bouddha Gautama était : «Ne faites pas le mal, faites le bien». Ce qu’il y a d’important, ici, c’est notre comportement. Il expliquait que le bon comportement est toujours un équilibre entre deux facteurs : l’activité et la passivité, l’optimisme et le pessimisme, la tension et la relaxation, et il expliquait que l’on peut atteindre ce comportement équilibré non pas en tentant intentionnellement de corriger nos actions mauvaises, mais en pratiquant Zazen. La pratique nous ramène au simple état d’équilibre dont nous jouissions souvent quand nous étions enfants, quand nous étions pleinement dans le présent et non obscurcis par des jugements intellectuels sur ce qui est bien ou mal. Dans le Bouddhisme, faire le bien est une simple action, et pas le résultat de la pensée. Les gens qui sont amenés à pratiquer Zazen sont parfois des gens assez sérieux, consciencieux, qui ne sont pas intéressés par les aspects triviaux de l’existence, et qui trouvent facile de se préoccuper de ce qui est correct et erroné, bien et mal. Cependant, nous devons essayer de tenir sous contrôle cette attitude réflexive et critique envers la vie. En tant que bouddhistes, nous nous appuyons entièrement sur Zazen. Lorsque nous sommes dans l’état équilibré de corps-et-esprit, nos actions au moment présent sont équilibrées.

Zazen n’est pas une pratique ascétique

Certaines personnes considèrent que Zazen est une sorte de pratique ascétique qui conduit à un état «éveillé» spécial. Elles pratiquent alors qu’elles devraient dormir, et quand elles devraient manger, et tentent de créer des conditions sévères pour leur pratique. Il est très clair que le Bouddha Gautama lui-même a rejeté les pratiques ascétiques, et que le Bouddhisme n’a jamais été un ascétisme. Zazen n’est pas censé être insupportablement douloureux. Quoiqu’il puisse y avoir parfois de la douleur quand le corps s’ajuste à la posture, on ne peut pas revenir au simple état naturel qui est notre caractère d’origine en nous forçant à accomplir des actes de dévotion extrêmes.

 

Comment faire un zafu

Vous aurez besoin de : tissu noir non glissant (comme du velours à côtes), environ 1kg de kapok, fil noir fort, une aiguille à coudre, épingles.

Coupez deux cercles de tissu de 38cm de diamètre. Coupez une bande de tissu de 165cm de longueur. La largeur du tissu déterminera la hauteur du zafu terminé, qui dépend de la longueur de la cuisse de l’utilisateur, et peut varier de 15 à 23 cm. Assemblez les deux extrémités de la longue bande de tissu en plis chacun d’environ 2cm, séparés par quelque 5cm. Les plis doivent se chevaucher sur le bon côté du tissu. Laissez un rabat de 8cm de tissu sans plis à la fin de la bande. Epinglez chaque pli en place. Epinglez la longue bande aux deux cercles, en laissant 1cm de marge sur le tissu. Le bon côté du tissu face à l’intérieur, et les plis à l’extérieur. Laissez libre la partie sans pli. Elle forme un rabat sur le zafu terminé. Cousez la longue bande et les cercles. Retournez le zafu pour que le bon côté revienne à l’extérieur. Servez-vous du trou dans le côté du zafu pour le bourrer très serré de kapok et ensuite, rabattez le rabat à l’intérieur. Le zafu doit garder sa forme et son épaisseur même quand vous vous asseyez dessus. Tapez sur le zafu pour distribuer le kapok également partout.

Par Aiko
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Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /Juin /2007 19:22
- Publié dans : Bouddhisme

Bouddhistes-2.gif LE PANTHEON BOUDDHIQUE JAPONAIS

Quand on visite un temple bouddhiste japonais, un otera, on est souvent frappé par les statues qui posent sur nous leur regard. Le panthéon bouddhiste, du moins dans les écoles Mahayana et Vajrayana, est riche et complexe, parfois contradictoire, les concepts changeant d'une secte à l'autre et dans le temps.

LES NYORAI

Les nyorai sont les bouddhas. Êtres illuminés (l'illumination est appelée bodai ou satori, en japonais) ayant atteint le nirvana (nehan ou nibbana, en japonais), ils constituent le haut de la pyramide. Ils sont représentés portant une simple robe, souvent assis, calmes et doux, faisant avec les mains un mudra, un signe symbolique, souvent d'accueil ou de réconfort. On dit bien les bouddhas, car outre le Bouddha historique, on en compte au moins quatre autres importants:

Shaka Nyorai est le Bouddha historique, fondateur du bouddhisme. Ses deux aides sont traditionellement Monju et Fugen, deux bosatsu, avec lesquels il forme la triade Shaka sanzon.

Dainichi Nyorai, aussi appelé Birushana ou Roshana, est le bouddha cosmique et ses messagers sont les myo-o. Il est connu ailleurs sous le nom de Vairocana.

Amida Nyorai est le gardien du Paradis occidental et est vénéré par les sectes de la Terre Pure: Jodo et Shin Jodo. Avant la création de son paradis, il portait le nom de Hozo Bosatsu. Il est escorté par Kannon et Seishi, deux autres bosatsu, avec lesquels il forme une triade appelée Amida sanzon, mais Jizo remplace parfois Seishi dans ce rôle. Qu'à cela ne tienne, il y a aussi un Amida gobutsu regroupant Kannon, Seishi, Jizo et Ryuuju autour de Amida.

Yakushi Nyorai est celui de la médecine, ses aides sont Nikko et Gakko, et il commande les 12 généraux, les yakusa.

Miroku Bosatsu est le bouddha de l'avenir qui sauvera le monde ultimement, soit vers l'an quatre mille, soit dans 5.65 milliards d'années selon la secte Shingon. Pour l'instant c'est un bosatsu.

Pour reconnaître le nyorai que l'on contemple, la position des mains, le mudra qui nous est montré, est particulièrement utile. Mais un même mudra peut être utilisé par plusieurs bouddhas.

Il y a d'autres nyorai, ainsi les Tathagata, les cinq grands bouddhas de sagesse, qui comptent: Dainichi Nyorai (gardien du centre), Fukujoju Nyorai (gardant le nord), Hosho Nyorai (qui est au sud), Ashuku Nyorai, le bouddha d'Abhirati, la terre du bonheur extrême (à l'est), Amida Nyorai (l'occidental).

Pourquoi un gros Bouddha souriant? Il semble que ce bouddha soit la version chinoise de Maitreya (Milefo en chinois et Miroku en japonais), mais prenant les traits d'un moine du 10ème siècle appelé Chang Dingzi, qui passa pour sa réincarnation. Notons que Hotei, un des sept dieux de la chance, a les mêmes traits, est aussi d'origine chinoise, mais est l'illustration d'un autre moine.

LES BOSATSU

Les bosatsu sont les bodhisattvas. Ils sont illuminés, mais reportent leur passage au nirvana dans le but d'aider tous les êtres vivants à atteindre l'illumination. Ils constituent la pierre angulaire du bouddhisme Mahayana. Leur apparence est habituellement plus chargée que celle des précédents, mais ils sont aussi dans une position digne, assise ou debout.

On compte dans leurs rangs:

Kannon, dieu ou déesse de la miséricorde, qui vient en huit versions (au moins), en trente-trois incarnations officielles (sanjusanshin) et qui gravite autour d'Amida Nyorai. Elle a parfois onze têtes (Juichimen Kannon), parfois mille bras (Senju Kannon) (en fait les statues en ont habituellement seulement 42) et parfois elle a une tête de cheval dans sa coiffure et porte alors le nom de Bato Kannon. Elle est parmi les divinités les plus populaires aujourd'hui au Japon. À l'époque où le christianisme était banni au Japon, elle représentait pour les chrétiens japonais la Vierge Marie, sous le nom Maria Kannon. Elle a vingt-huit aides, les nijuhachibu shu, dont la liste varie. Tarani Bosatsu est parfois une de deux aides de Kannon, parfois sa forme féminine, parfois encore une de ses incarnations, voir son épouse.

Seishi, aussi lié à Amida Bouddha, est le Bosatsu de la force, celle de celui qui a atteint la sagesse et la compassion. Ses mains sont souvent jointes en prière ou tiennent un lotus.

Jizo est un dieu populaire. Il est lié aux Enfers, à la protection des enfants, des femmes enceintes, des pompiers, des voyageurs et des pélerins. On trouve sur les routes et dans les cimetières des statues le représentant, souvent affublées d'un bonnet et d'une bavette rouges. Quand des jouets sont là, ils sont envoyés dans l'au-delà à un enfant mort. Il est représenté comme un pèlerin, le crâne chauve et portant un long bâton d'où pendent six anneaux dans sa main droite. Il tient aussi souvent un joyau dans l'autre. Lui aussi a plusieurs titres, qui diffèrent en fonction de ce qu'il protège, Mizuko Jizo pour les enfants mort-nés, Anzan Jizo pour les femmes enceintes, Hitaki Jizo ou Kuro Jizo pour les pompiers, Migawari Jizo qui se substitue à ceux qui souffrent et même un Shogun Jizo protecteur des champs de bataille et portant une armure.

Miroku, aussi appelé Jishi Bosatsu, est le bouddha de l'avenir, mais en attendant il oeuvre en tant que bosatsu.

Kokuzo est le dieu de la mémoire et de la sagesse, et est le protecteur des artisans. Habituellement il tient dans une main le joyau qui accorde les souhaits, parfois placé au bout d'une tige de lotus. L'autre main peut tenir une épée (symbole de la sagesse) ou toucher le sol si elle est vide.

Monju est le bosatsu de la sagesse, de l'intelligence et de la beauté. Il chevauche habituellement un shishi, un chien-lion mythique chinois. Il peut tenir un lotus, une épée, un sutra, et souvent les deux derniers, un dans chaque main. Avec Fugen, il est l'aide de Shaka Nyorai, le bouddha historique.

Fugen, que l'on représente souvent assis sur un éléphant, souvent blanc et à six défenses, comme celui dont rêva la mère du Bouddha, est le protecteur de la pratique bouddhiste et de ceux qui l'enseignent.

Kongo Shu, qui personnifie l'énergie et la puissance du Bouddha, a deux formes, l'une terrible où vêtu d'une peau de tigre et entouré de flammes il brandit la vajra (symbole de la foudre) et est affilié au soleil, et l'autre paisible où il est bleu et tient un lotus où repose la vajra et est alors affilié à la lune. Les Nio sont ses manifestations.

Gakko et Nikko sont les aides de Yakushi Nyorai, mais aussi parfois de Kannon. Le premier est le dieu de la lune et le second, son frère, celui du soleil.

Yaku-O et Yaku-Jo, encore deux frères, cette fois rattachés à Amida Bouddha, sont les rois de la médecine et sont pour cela assimilés à Yakushi Nyorai. On les représente habituellement tenant une branche de saule.

Les huit premiers de la liste seraient les huit grands bosatsu. Kannon, Monju et Kongo Shu sont considérés comme les trois protecteurs du Bouddha, représentant respectivement sa miséricorde, sa sagesse et sa force. 
Il existe une déesse shinto appelée Koyasu qui protège les mères et les enfants. Dans le syncrétisme religieux japonais, elle est identifiée à des divinités protectrices bouddhistes, comme Koyasu Jizo, Koyasu Kishibojin et Koyasu Kannon, ayant tous un rôle comparable. Kannon et Jizo dans ce rôle portent aussi les noms de Juntei Kannon, Jibo Kannon et Kosodate Jizo.

LES MYO-O

Les myo-o, c'est-à-dire les "rois de luminescente sagesse", sont dans la secte Shingon notamment, des dieux hindous s'étant convertis au bouddhisme et qui sont devenus les protecteurs des deux précédents groupes, essentiellement de Dainichi Nyorai. Ils ont une allure guerrière et terrible que le bouddhisme voit comme une force qui s'exerce contre celles du mal. Les Daigo Myo-o, les "cinq grands rois", qui sont les principaux, sont:

Fudo Myo-o qui est le plus connu et que l'on qualifie d'inamovible. Il garde le centre et est représenté assis, parfois debout, tenant une épée et une corde, un croc pointant vers le bas et un autre vers le haut, et entouré de flammes. Il a huit assistants, les hachidai doji, les deux principaux, qui forment avec lui une triade, étant Kongara Doji (placé à gauche il personnifie l'obéissance) et Seitaka Doji (à droite, personnifiant l'action). Les autres portent les noms de Anokudatsu Doji, Shitoku Doji, Ukubaga Doji, Shojobiku Doji, Eko Doji et Eki Doji. Il est à noter que Monju Bosatsu hérite occasionnellement de cette suite.

Gozanze a trois têtes et huit bras. Il tient une flèche et garde l'est.

Gundari est gardien du sud. Il a aussi trois têtes et huit bras et des serpents entourent souvent ses chevilles et son cou.

Daitoku a six têtes, six jambes et six bras tenant diverses armes. Il chevauche une vache blanche (symbole d'illumination) et protège aussi Amida Bouddha dans son Paradis occidental.

Kongo-Yasha, qui a parfois trois têtes et six bras, et parfois une tête et seulement quatre bras, est le gardien du nord.

Mais il y en a trois autres d'une certaine importance:

Aizen, dieu de l'amour et roi de la passion sexuelle, convertit les passions terrestres en éveil spirituel. Il a trois têtes, trois yeux (sur chaque tête) et six bras qui tiennent des armes, souvent un arc et une flèche. Il porte aussi souvent une couronne où on peut voir un shishi et son corps est rouge, symbolisant son pouvoir de purifier les désirs sexuels.

Kujaku, qui est représenté assis sur un paon, protège des poisons et des calamités. Il a une tête et quatre bras.

Bato Myo-o a six yeux et huit bras. Il a la réputation de pouvoir tout manger et si on fait appel à lui dans le malheur, il le mangera... peut-être... 

On peut noter que dans la secte Shingon, les treize bouddhas (jusan butsu), qui sont souvent représentés sur les mandalas, sont Shaka Nyorai, Monju Bosatsu, Fugen Bosatsu, Jizo Bosatsu, Miroku Bosatsu, Yakushi Nyorai, Kannon Bosatsu, Seishi Bosatsu, Amida Nyorai, Ashuku Nyorai, Dainichi Nyorai, Kokuzo Bosatsu et Fudo Myo-o. Mais Bishamonten et Benten, et Kobo Daishi, le fondateur de la secte, ont aussi leur importance.

LES TENBU

Les tenbu, les "êtres célestes", sont au sens strict des dévas, c'est-à-dire des dieux hindous, qui convertis au bouddhisme en sont devenus, comme les myo-o, les défenseurs. Ils ont aussi généralement une allure martiale et menaçante, mais destinée aux ennemis du bouddhisme, comme l'ignorance et la méchanceté. Les principaux sont:

Bishamonten ou Bonten, qui est le dieu des guerriers et nul autre que le dieu hindou Brahma.

Kichijoten ou Kisshoten, Laksmi, l'épouse de Vishnou dans l'hindouisme, est l'épouse ou la soeur de Bishamonten dans le bouddhisme, et la déesse de la chance et de la beauté.

Benzaiten ou Benten est la patronne des arts et de la musique. Elle est souvent représentée jouant du biwa (luth japonais), parfois nue. Son culte est lié à celui du serpent, ou du dragon. Elle a seize enfants, souvent ce sont des filles, qui sont peut-être en fait des incarnations. En Inde c'est Sarasvati.

Daikokuten est le dieu de la fortune et patron des fermiers, la richesse au Japon se calculant traditionnellement en riz.

 Il y a aussi des associations de dévas. Par exemples les Shitenno, gardiens des quatre directions, sont Jikokuten (à l'est), Komokuten (à l'ouest), Zochoten (au sud) et Tamonten (au nord). Mais ils sont en fait cinq, étant dirigés par Taishakuten, le dieu Indra, qui règne sur le centre. Le parallèle avec les myo-o est frappant. Ils sont souvent représentés marchant sur des démons, les tentoki, d'ailleurs pas très costauds. Ceux-ci sont du coup sauvés et portent désormais des lanternes pour illuminer la route devant Shaka Nyorai, rôle qu'ils partagent avec les ryutoki.

Les Juniten, gardiens de toutes les directions, sont Bonten (Brahman qui garde les cieux), Taishakuten (Indra qui garde l'est), Tamonten (Vaisravana au nord), Katen (Agri au sud-est), Enmaten (Yama au sud), Rasetsuten (Rakasasa au sud-ouest), Suiten (Varuna qui garde l'ouest), Futen (Vayu au nord-ouest), Ishanaten (Isana au nord-est), Jiten (Prthivi gardien de la terre), Nitten (Surya ou Aditya, gardien du soleil) et Gatten (Candra gardien de la lune). Le parallèle entre les deux derniers et les bosatsu Nikko et Gakko est aussi évident. Notons que Taishakuten n'est plus au centre mais à l'est, Et puis ailleurs, Bonten (Bishamonten) et Tamonten sont parfois la même personne...

Enfin les Nio, les deux gardiens que l'on voit parfois à l'entrée des temples sont Agyo et Ungyo, ou Shukongoshin et Kongorikishi, et sont reliés au bouddhisme tantrique. Un de leurs noms vient de A et UM, le A et le Z de l'écriture japonaise, une sorte d'alpha et d'oméga qui symbolise leur capacité de protéger le temple contre tout. Comparé aux Juniten, c'est une économie de moyen fort louable. Le premier, qui a la bouche ouverte, représente la force active, l'autre représente la force passive et a la bouche fermée. Les deux sont une manifestation de Kongo Shu bosatsu. 

Mais le terme tenbu semble s'appliquer aussi à tous les êtres intelligents non-humains et non-illuminés de l'univers. Dans ce sens, il y a huit races impliquées.

Les dévas, appelés ten (ciel) ou tenbu.

Les ryuu (dragons), qui sont les nagas indiens.

Les yasha, divinités guerrières, gardiennes de la nature.

Les kendatsuba, dieux de la musique, de la médecine et protecteurs des enfants.

Les ashura, dans l'hindouisme ils sont une sorte de démons ennemis des dévas, mais dans le bouddhisme on les représente avec trois têtes et six bras, et ils sont commandés par Taishakuten, qui serait en Inde un ennemi héréditaire...

Les karura, humanoïdes à tête d'oiseaux, ennemis des ryuu.

Les kinnara qui sont des musiciens célestes.

Les magoraka qui sont des musiciens à corps de serpent.

Les yasha sont au nombre de douze (Kubira, Basara ou Bajira, Mekira, Anchira, Anira, Sanchira, Indara, Haira, Makora, Shindara ou Kimnara, Shotora et Bikara), ce sont les douze généraux, les Juni Shinsho ou Taisho, au service de Yakushi Nyorai et chacun est rattaché à un des douze animaux du zodiaque chinois. Dans le même ordre: rat, boeuf, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, mouton, singe, coq, chien et sanglier. Ils sont aussi assimilés à une couleur et une arme.

Un autre groupe de divinités protectrices couvrant les huit directions et rattachées aux animaux du zodiaque, mais cette fois il est constitué de nyorai et de bosatsu: Amida Nyorai (N-O, sanglier et chien), Fudo Myo (ouest, le coq), Dainichi Nyorai (S-O, singe et mouton), Seishi Bosatsu (sud et cheval), Fugen Bosatsu (S-E, serpent et dragon), Monju Bosatsu (est, le lapin), Kokuzo Bosatsu (N-E, boeuf et tigre) et Senju Kannon (nord et rat). Il y a huit directions, mais douze animaux...

Il y a aussi les shichifukujin, les sept dieux de la chance: Ebisu originaire du Japon, Daikokuten, Benzaiten et Bishamonten qui viennent de l'Inde, Hotei, Fukurokuju et Jurojin qui sont chinois. Toute la petite troupe se balade habituellement sur un bateau.

Ebisu est un dieu de la prospérité et est représenté avec un rouget, symbole de bonheur.

Daikokuten, autre dieu de la prospérité qui est parfois considéré comme le père d'Ebisu, porte un maillet et un sac, et marche sur des balles de riz.

Bishamonten est en armure et porte souvent une lance et une petite pagode, symbole du bouddhisme.

Benzaiten est la déesse de la littérature, des arts et sciences, du bonheur, de la prospérité, de la vertu et de la longévité... et elle a un biwa.

Fukurokuju est une divinité du bonheur, de la prospérité, de la longévité et de la sagesse. Il a le crâne très haut et chauve, ainsi qu'une longue barbe blanche, symbole de son grand âge et de sa sagesse. Il porte parfois un bâton et un parchemin contenant la sagesse du monde.

Jurojin est aussi un dieu du bonheur, de la prospérité et de la longévité. Il a une longue barbe blanche et porte un bonnet d'érudit. Il est parfois accompagné d'un cerf. Il porte lui-aussi un bâton et un parchemin, mais le sien contient le secret de la longévité.

Hotei est encore un dieu de la prospérité et du bonheur. Ce serait en fait un prêtre zen chinois du nom de Pu-tai. Il a une grosse bedaine et rit tout le temps. Il porte un sac contenant des richesses.

Il existe une version "noire" de Daikokuten. D'ailleurs le mot koku, dans son nom, signifie justement cette couleur. Elle est beaucoup plus inquiétante que la représentation bonhomme habituelle, et est sans doute beaucoup plus près de ses origines agraires, les dieux de l'agriculture étant généralement liés aux Enfers.

Parlant de ceux-ci, il y a les juges des Enfers, les Ju-o ou Dix Rois. Ils sont parmi les protecteurs de la foi bouddhiste. La personne décédée passe successivement devant Shinko-o, Shoko-o, Sotai-o, Gokan-o, Enma Daio (Yama en sanskrit), Henjo-o, Taizan-o, Byodo-o, Toshi-o et Godo-tenrin-o. Enma-o, qui est le principal juge, d'où sont titre de Daio (Grand Roi), donne le verdict. Il est souvent représenté assis entre Taizan-o et Godo Tenrin-o. 

Aussi liée aux Enfers, Datsue-ba, aussi appelée Sanzu-no-baba ou Shozuka no Baba, est une vieille femme, ou un démon ayant cette apparence, qui est assise près de la rivière Sanzu, que doivent traverser les défunts. Elle retire les vêtements de ceux ayant été reconnus méchants et qui doivent traverser à la nage.

Jizo, qui comme on l'a vu est aussi une divinité infernale, guide les bons sur un pont enjambant la rivière. Malheureusement, les enfants morts-nés, avortés ou morts en bas âge sont trop petits pour traverser la rivière. Ils empilent des cailloux sur la berge pour attirer l'attention et la compassion du Bouddha, mais des démons, qui seraient peut-être aux ordres de Datsue-ba, détruisent leur travail et les terrorisent. Pour les protéger, Jizo les cache dans ses manches. L'idée est que ces enfants sont dans le bouddhisme responsables de la douleur de leurs parents, y compris les avortés.

Enfin il y a Karitemo, aussi appelée Kishibojin. C'est un ancien démon femelle qui donnait des enfants en pâture aux siens. Convertie au bouddhisme, elle est devenue protectrice des enfants et de la famille. Elle a dix filles, les Rasetsu ou Jurasetsu-nyo, devenues comme elle protectrices du bouddhisme.

On représentera aussi les arhat ou rakan, les disciples du Bouddha qui sont parfois au nombre de quatre, souvent au nombre de seize, mais ils sont souvent peints. Il y a une notable exception: les gohyaku rakan, les cinq cent disciples du Bouddha, qui sont sculptés. Ils ont chacun une expression différente. On dit qu'il est possible d'en trouver un qui ressemble à chaque personne qu'on connait.

Il y a également un groupe de dix disciples de Shaka Nyorai, le Bouddha historique, qui sont Daikasho (Mahakasyapa en Sanskrit), Anaritsu (Aniruddha), Furuna (Purna), Kasen'nen (Katyayana), Ubari (Upali), Ragora (Rahula), Sharihotsu (Sariputra), Mokukenren (Mhamaudgalyayana), Ananda (Ananda), Shubodai (Subhuti), et qui répandront l'enseignement du Bouddha à sa mort.

Et puis Daruma, le moine indien fondateur du bouddhisme zen en Chine est aussi parfois représenté.

Ce qu'il faut comprendre c'est que seuls les nyorai et les bosatsu étant illuminés, les autres races, y compris les myo-o et les tenbu, qui sont finalement des dieux, sont toujours soumises au samsara, à la réincarnation.

Il y a six niveaux d'existence soumis au samsara, appelés rokudo, et donc six catégories d'êtres: Les dévas, Les humains, Les asura, Les animaux, Les fantômes affamés dans le Preta, Les damnés dans les Enfers.

Les trois premiers niveaux étant les niveaux supérieurs et les trois derniers, les niveaux inférieurs. Les asura, qui sont pourtant des êtres célestes et des demi-dieux, sont sous les humains, à cause de leur nature passionnée et colérique.

Les défunts passent devant des juges infernaux. Après leur jugement, ils se réincarnent sur l'un des six niveaux, qui sont tous, pas seulement l'Enfer, des endroits où on regrette ses erreurs.

Jizo est souvent représenté en un groupe de six (roku jizo). Ceci illustre sa capacité de protéger les gens dans tous les niveaux d'existence où son intervention est nécessaire. Les noms des six incarnations sont, des Enfers aux dévas, Enmei, Hoshu, Hoin, Hosho, Jichi, et Kengoi (ou Nikko). Et dans la tradition ésotérique, Kannon a aussi six versions: Sho Kannon s'occupe des Enfers, Senju Kannon des fantômes affamés, Bato Kannon est assimilée aux animaux, Juichimen Kannon est la protectrice des ashura, Juntei Kannon (Shingon) ou Fukukenjaku Kannon (Tendai) s'occupe des humains et Nyoirin Kannon, avec ses six bras, protège les ten. Vous l'aurez deviné, c'est roku kannon.

Au dessus du rokudo, il y a les "quatre mondes nobles" desquels est banni la réincarnation. En haut il y a les nyorai (bouddhas), puis viennent les bosatsu (bodhisattvas), puis les engaku (pratyekabuddhas), qui ont atteint l'illumination par eux-même, et enfin les shomon (shravakas), qui ont suivi l'enseignement du Bouddha.

 

Par Aiko
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Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /Juin /2007 14:21
- Publié dans : Ile Maurice

050601160145-53.gif Vous rêvez de vous marier à l'île Maurice, dans un cadre idyllique ? C’est possible, nous l’avons fait… C’était le 13 mai 2005…

Un mariage "officiel" (officialisé par un livret de famille en France à votre retour) est possible à l’île Maurice, aux Seychelles, aux Bahamas, à Las Vegas...

Nous, nous avons choisi l’Ile Maurice pour la beauté de cette île, idéale pour une lune de miel…

Après avoir fixé la date que nous voulions pour la cérémonie (ne pas choisir un samedi, dimanche ou un jour férié), nous nous sommes renseignés sur la procédure à suivre (c’était mi-septembre). Ne voulant pas nous inquiéter des différentes procédures administratives, et voulant garder à ce moment toute sa féérie, nous avons finalement choisi de passer par une agence mauricienne pour qu’elle s’occupe de tout. 

Mariages-243.JPG

Après quelques recherches sur internet, et quelques devis, nous avons « signé » avec « PRIVILEGE ISLAND » (début octobre) (www.privilegeisland.com ).

Attention, les agences travaillent en collaboration avec certains hôtels. Il faut donc, à ce stade, avoir aussi choisi son hôtel. Pour nous, c’était le CASUARINA (réservé début octobre sur www.partirpascher.com ).

Pour 292€, cette agence s’est vraiment très bien occupé de tout (elle nous a même fourni deux témoins…). C’est également elle qui nous a conseillé un fleuriste et un excellent photographe (Kumar Bhoobun de FOTO PERFEK).

Si jamais vous voulez vous occuper des démarches vous-même, voici quelques informations. Sinon, contactez une agence au moins 2 mois avant la date de mariage choisie.

  
Mariages-396.JPG

Mariage Civil (entre deux ressortissants non-résidents)

Le «Civil Status Act» stipule que le mariage des non-résidents peut être célébré le jour suivant la publication des bans. Lors de la cérémonie chaque futur époux doit présenter à l’Officier du Bureau de l’Etat Civil un certificat de non-résidence émis par le Bureau du Premier Ministre attestant qu’il n’est pas un citoyen mauricien et qu’il ne réside pas à Maurice. Ce certificat peut être obtenu préalablement en faisant une demande écrite au :

Registar of Civil Status

7 ème étage, Immeuble Emmanuel Anquetil

Port Louis, République de Maurice.

Tél. : 230 201 2313 – Fax : 230 211 24 20

Chaque demande doit être accompagnée de deux photocopies de l’acte de naissance, de deux photocopies du passeport (les trois premières pages suffisent) ainsi que tout autre document en cas de divorce ou de veuvage.

La demande pour un certificat de non-résidence doit parvenir au Bureau de l’Etat Civil au moins 10 jours avant la date fixée pour le mariage.

La célébration se fait en présence d’un Officier de l’Etat Civil au Bureau de l’Etat Civil ou à l’hôtel où résident les futurs époux.

N.B : Après la célébration du mariage par le Bureau de l’Etat Civil mauricien, le faire enregistrer auprès de l’Ambassade de France (14, rue Saint Georges, Port Louis, Ile Maurice). Vous recevrez votre livret de famille à la mairie de votre commune de résidence.

 

Le couple devra présenter les documents originaux à l'officier de l'Etat Civil à Port Louis et tous deux doivent jurer un affidavit en Cour Suprême. La publication des bans dans la mairie de votre domicile est désormais obligatoire. L'ambassade devra donc recevoir l'ensemble de vos documents minimum 2 mois avant la cérémonie. Ils enverront alors une demande de publication en France et un délai de 10 jours est nécessaire afin de pouvoir recevoir un acte de non opposition. L'ambassade délivrera alors un certificat de capacité à mariage. Ce n'est qu'à partir de ce moment là que vous pourrez vous marier à l'ile Maurice.

 

Si vous passez par une agence, un guide et un chauffeur vous accompagneront dans toutes les formalités (le forfait comprend généralement : frais de dossier et coûts administratifs (affidavit, publication des bans, Etat civil), transfert des clients de l'hôtel à la Cour Suprême puis du bureau de l'Etat Civil à l'hôtel pour les formalités en taxi. L'assistance d'un membre du personnel de l’agence pour toutes les formalités).

 

La cérémonie de Mariage

La cérémonie est généralement organisée les après-midi, en présence de deux témoins et d’un préposé de l’Etat civil pour les signatures.

Après votre arrivée à Maurice, l'agence enverra à votre hôtel une voiture avec chauffeur-guide qui vous emmènera à Port Louis au bureau d'Etat Civil (munis de vos passeports), puis vous irez à la Cour Suprême pour jurer un affidavit certifiant que vous n’êtes pas déjà mariés et finalement, pour la publication des bans, au bureau de l’Etat Civil de la localité où vous séjournerez. Le mariage civil pourra alors être célébré dans un délai de 24 heures suivant cette formalité. Une fois le mariage célébré, l’agence passera à l'hôtel reprendre le certificat de mariage pour le faire traduire en français (obligatoire pour le faire légaliser à votre retour) et y apposer l'apostille (cachet figurant au verso du document). Vous serez alors considérés comme mariés. Puis, l’agence fera valider le certificat de mariage directement à l’ambassade de France de Port Louis. Cette procédure prendra 4 semaines. L'ambassade vous soumettra ensuite directement les documents, en France, par courrier.

 

Pour des informations complémentaires, contactez directement un tours opérateur ou votre agence de voyage qui vous fournira toutes les informations nécessaires.

 

Par Aiko
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Dimanche 3 juin 2007 7 03 /06 /Juin /2007 14:02
- Publié dans : Bouddhisme

bleuantenne5.gif La mythologie japonaise est basée sur le Shintô.

La mythologie japonaise n’est pas une cosmogonie : elle n’explique pas comment le monde et l’homme ont été créés, elle fixe simplement l’origine des choses et des êtres.

Elle compte huit millions de kami (le nombre huit est employé pour signifier un grand nombre).

On trouve un kami pour chaque chose, chaque être, chaque élément…

Ainsi la mythologie japonaise n’est pas réductrice et se trouve être la plus proche de l’homme.

Chacun vénère le ou les kami qui lui sont proches selon son métier ou sa localisation.

On retrouve donc des kami associés aux éléments (eau, feu, terre, air), des kami associés aux animaux, aux minéraux mais aussi des kami liés aux sentiments, aux âmes des défunts. L’histoire note même qu’à partir du Xième siècle l’empereur et les grands héros deviennent kamis à leur mort.

Le Ciel et la Terre sont reliés par un fleuve céleste, lequel permet aux kami du Ciel de rencontrer ceux de la Terre. Le royaume des Morts, peu évoqué dans la mythologie japonaise, est situé sous la Terre.

Il est à noter que la divinité la plus importante est Amaterasu Omikami (déesse du soleil). Elle est entourée des kami Tsukiyomi et Susanoto (respectivement la lune et la foudre).

Les textes retrouvés font état de la vie des kami mais donne aussi l’explication de certains évènements.

 

LA CREATION DU JAPON

La naissance du Japon est ainsi expliquée : «Au commencement, le Ciel et la Terre n’étais pas encore séparés. Alors apparaissent sept générations de divinités qui, avant de se retirer, donnent ordre au dernier couple, Izanagi no mikoto et Izanami no mikoto, d’aller voir ce qu’il y avait sous le ciel. Le frère et la sœur montent sur un pont flottant, et grâce à une lance, font bouillonner l’eau de la mer. En relevant cette lance, ils laissent tomber quelques gouttes d’eau, et de ces gouttes naît une Terre. Les îles du Japon deviennent ainsi le premier enfant des kami. (Par la suite ils donnent naissance aux montagnes, rivières, forets…)».

 

L’HISTOIRE DE LA CAVERNE

Un jour, Amaterasu fut si offensée par les méfaits de son plus jeune frère Susa No Wo (qui avait tué une de leur soeur et se montrait toujours provocateur à son encontre) que lorsqu'il fit souffler une tempête sur son jardin fleuri, elle décida d'aller se cacher dans une caverne. Elle en ferma l'entrée d'une lourde pierre et l'univers fut alors plongé dans l'obscurité et le chaos. Le mal prospéra. Les dieux et des déesses se réunirent près de l'entrée de la caverne pour discuter du moyen de la faire sortir. Ils décidèrent de faire une grande fête. Ama No Uzume, la déesse de la gaieté, commerça à chanter et à danser lascivement; comme elle tourbillonnait, ses vêtements virevoltaient amplement. Ce spectacle tira des acclamations grivoises des huit millions de dieux et des déesses assemblés. Curieuse d'entendre tant de gaieté, Amaterasu Omikami jeta un coup d'oeil hors de la caverne. La déesse Uzume qui dansait toujours avait accroché un miroir octogonal à un arbre voisin, cria à la cantonade: "Que ce jour soit loué, nous avons enfin trouvé une déesse aussi brillante que l'illustre Amaterasu, pour la remplacer!". Amaterasu sortit pour voir à quoi pouvait bien ressembler cette nouvelle déesse. En effet une déesse radieuse et lumineuse se tenait parmi les dieux et les déesses mais elle réalisa un peu trop tard que ce n’était que le reflet de sa propre image dans le miroir. Alors Tajikarawo, dieu connu pour sa force, l'empêcha de retourner dans la caverne et les autres la supplièrent de ne jamais se cacher à nouveau. Elle obtint en contrepartie que son frère fut banni, que ses ongles lui fussent arrachés, et de plus, ses propres descendants auraient la souveraineté du Japon.

 

LISTE DE QUELQUES KAMI

AIZEN MYO-O C'est le dieu de l'amour

AJI-SHIKI Brillant jeune dieu qui détacha du ciel le tombeau de son ami. En tombant sur la Terre il devint le mont Moyama.

BIMBOGAMI il est le dieu de la pauvreté, compagnon obstiné de certaines familles qui cherchent à s'en débarrasser.

DAISHI c'est le grand maître d'école.

EKIBYOGAMI Dieu de la peste.

HIRUKO Kami du soleil du matin. Il veille aussi sur la santé des jeunes enfants.

MONJU-BOSATSU Kami de l'éducation.

SHODEN ou SHOTEN Dieu éléphant de la sagesse

TENJIN Dieu de l'écriture qui a appris à l'humanité l'art de l'écriture.

TSUKI-YUMI Dieu de la lune

FUJI Fuji est le Kami du Mont Fuji. Haku était la plus grande des deux montagnes avant que Fuji casse le crâne d'Haku et devint ainsi la montagne la plus haute. Par la suite Haku eut huit sommets

MARICI Kami de l'aurore.

NO-Il JA-DEA Kami de la toilette.

OTOHIME "Bijou Lumineux" est la jolie fille du roi dragon des mers, Ryujin. Elle épousa Hoori et donna naissance à un fils puis elle se métamorphosa en dragon (la forme d'origine de son père).

UKE-MOCHI-NO-KAMI Déesse de la fertilité et de la nourriture

WAKAHIRU-ME Déesse du soleil levant et soeur d'Amaterasu

YASHA Démone vampire qui apparaît sous la forme d'une chauve-souris et qui était auparavant une femme dont le statut aurait été diminué à sa renaissance.

YATA c'est l'étoile miroir de la déesse du soleil, Amaterasu

 

Par Aiko
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